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vendredi, 18 avril 2008

Poppy Day

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 Aujourd'hui 18 avril, la Nouvelle-Zélande célèbre le Poppy Day : tout le monde porte un coquelicot en boutonnière pour honorer la mémoire des soldats vivants ou morts au champ d'honneur. La tradition du Poppy Day, ou Remembrance Day dans les autres pays du Commonwealth, remonte à la Grande Guerre. Le 7 novembre 1919, le roi de Grande Bretagne, George V, décrétait deux minutes de silence national en l’honneur des soldats tombés au combat. A la même époque, une Américaine, Moina Michael, se mit à porter un coquelicot en mémoire de ces millions de soldats. En 1920 cette coutume vint à la connaissance d'une française, Madame Guérin, en visite aux États-unis. À son retour en France, elle décida de se servir de coquelicots faits à la main par les veuves et les enfants de soldats pour recueillir des fonds pour les vétérans et les enfants sans ressources des régions dévastées du pays.
 
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Pourquoi un coquelicot ? Dès le dix-neuvième siècle, l'on observa que les champs de bataille se couvraient de myriades de coquelicots sitôt les combats terminés. Le lieutenant colonel John McCrae, un médecin militaire canadien, établit le même rapport entre le coquelicot et les champs de batailles et écrivit un poème célèbre : "In Flanders Fields" ("Au Champ d'Honneur")(1) durant la Première Guerre. Selon la légende, les coquelicots poussaient blancs au-départ, puis viraient au rouge vif à cause du sol imprégné du sang des morts. Aujourd'hui on explique ce curieux phénomène de deux manières : pour certains, les mouvements des troupes et la violence des combats déterraient en grande quantité des graines de coquelicot normalement piégées sous terre, leur permettant d'éclore. Pour d'autres, les bombardements enrichirent les terrains crayeux en poussière de chaux, terreau favorable aux coquelicots.

Quoiqu'il en soit, le coquelicot devint rapidement le symbole des soldats morts sur le champ d'honneur. Madame Guérin parvint ainsi à convaincre la Légion Royale Britannique d'adhérer à son action ; depuis 1921, tous les pays du Commonwealth ont adopté la coutume.

Le Poppy Day est traditionnellement célébré quelques temps avant le jour de l'Armistice (11 novembre), mais en Nouvelle-Zélande il se déroule le vendredi précédant ANZAC day (25 avril). Ce décalage est dû à un hasard de l'histoire : en 1921, le bateau anglais censé livrer les coquelicots en Nouvelle-Zélande pour le mois de novembre arriva en retard, et les autorités furent contraintes de décaler le jour de la célébration. Depuis lors le Poppy Day en Nouvelle-Zélande célèbre plus particulièrement le sacrifice des soldats néo-zélandais lors de l'ANZAC day, et non le jour de l'Armistice comme le reste du Commonwealth.

Plus de 13 000 livres furent recueillies lors du premier Poppy Day en Nouvelle-Zélande : l'enthousiasme était national. 3695 livres furent versées à la ligue des enfants français, et le reste attribué aux vétérans néo-zélandais. A partir de 1931, la Nouvelle-Zélande se mit à produire ses propres coquelicots, fabriqués par des soldats devenus inaptes au combat. Le design du coquelicot fut modifié en 1978, mais l'enthousiasme d'une nation pour cet objet symbolique ne diminua pas. Aujourd'hui encore, les Néo-zélandais sont nombreux à acheter un coquelicot pour Poppy Day, et certains les déposent même au pied des mémorials européens lorsqu'ils s'y rendent en pélerinage.

(1) In Flanders fields the poppies blow
Between the crosses, row on row
That mark our place ; and in the sky
The larks, still bravely singing, fly
Scarce heard amid the guns below.

We are the Dead. Short days ago
We lived, felt dawn, saw sunset glow,
Loved and were loved, and now we lie
In Flanders fields.

Take up our quarrel with the foe :
To you from failing hands we throw
The torch ; be yours to hold it high.
If ye break faith with us who die
We shall not sleep, though poppies grow
In Flanders fields.


Traduction par Jean Pariseau :
Au champ d’honneur, les coquelicots
Sont parsemés de lot en lot
Auprès des croix ; et dans l’espace
Les alouettes devenues lasses
Mêlent leurs chants au sifflement
Des obusiers.

Nous sommes morts,
Nous qui songions la veille encor’
À nos parents, à nos amis,
C’est nous qui reposons ici,
Au champ d’honneur.

À vous jeunes désabusés,
À vous de porter l’oriflamme
Et de garder au fond de l’âme
Le goût de vivre en liberté.
Acceptez le défi, sinon
Les coquelicots se faneront
Au champ d’honneur.

Cette chanson est désormais chantée pendant l'ANZAC Day, auquel nous consacrerons un article la semaine prochaine.  

Sources :
- Sekoyamag
- Le site de la RSA (Nouvelle-Zélande)

- Le blog "La tête à l'envers" pour la vidéo

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