mercredi, 19 mars 2008

Le recyclage en Nouvelle-Zélande (1/2)

Partie 1 : Le recyclage en Nouvelle-Zélande : quelques vérités.
Partie 2 : Le recyclage valorisé : le succès de l'initiative World of Wearable Arts (publié prochainement).

La Nouvelle-Zélande est réputée pour sa mentalité "écologiste". Ainsi le pays s'affirme comme un opposant catégorique au nucléaire : on se souvient que les Néo-zélandais se sont élevés contre les essais nucléaires français dans le Pacifique, et ils refusent que les sous-marins nucléaires américains pénètrent dans leurs eaux territoriales.

Des efforts au niveau politique et personnel pour une meilleure gestion des déchets.
Les Néo-zélandais sont sensibilisés à la limitation du nombre de leurs déchets, et ce dès l'enfance. L'école enseigne ainsi aux enfants et aux adolescents à recycler un maximum de déchets, à travers des activités manuelles ludiques comme la construction d'objet à partir de matériaux de récupération.

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Exemple de recyclage par un enfant d'école primaire : une voiture en carton, fil de fer et chutes de magazines.
 
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Un avion en canettes de bière.

Le tri sélectif est bien répandu, séparant les cartons, les magazines et papiers, le verre et le plastique. De plus, le gouvernement a conclu des accords volontaires avec les grandes entreprises, notamment pétrolières et alimentaires, pour une réduction de la quantité d'emballages. Cette prise de position politique s'accompagne d'un effort individuel, car nombreux sont les Néo-zélandais qui achètent les denrées alimentaires de base (pâtes, riz, épices, lentilles, condiments...) dans des épiceries de gros où chaque client amène son propre contenant et achète la quantité désirée. La chaîne d'épiceries Bin Inn est l'une des enseignes les plus connues. Enfin, le compostage des matières organiques est vivement encouragé, et de plus en plus de personnes possèdent leur propre benne à compostage. Cette attitude écologiquement responsable est favorisée par des mesures financières : par exemple, les sacs poubelle destinés aux déchets non recyclables sont payants, et permettent de financer le traitement des déchets. Ainsi, les ménages sont encouragés à réduire au maximum la quantité de déchets non recyclés, de manière à réduire la taxe payée.
 
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L'épicerie Bin Inn de Richmond, près de Nelson
 
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Le rayon des pâtes et farines en libre service. 


Une prise de conscience tardive des problèmes liés à l'accumulation des déchets.
Cependant, contrairement à ce que l'on pourrait croire, la classe politique et l'opinion publique néo-zélandaises ne considèrent pas encore le traitement des déchets comme une question majeure. Et pour cause : peu nombreux (à peine plus de quatre millions sur un territoire équivalent grossièrement à celui de la Grande Bretagne), et dotés d'un territoire riche en eau et autres ressources naturelles, les Néo-zélandais sont loin d'être en pénurie de ressources ou de crouler sous leurs déchets. La France, par opposition, est depuis plusieurs décennies confrontée au problème du traitement des déchets, à cause d'une population bien plus nombreuse et d'une urbanisation croissante et parfois critique.

Mais aujourd'hui, la croissance exponentielle des grandes villes (1), et particulièrement d'Auckland, pose désormais la question du stockage des déchets (2). Jusqu'à maintenant, les déchets étaient simplement entassés dans de grandes décharges, sans véritable considération pour la nature et sans un effort réel pour pousser au recyclage. Cet état de fait est en train de changer, les hommes et femmes politiques commencent à se mobiliser, sous l'influence des organisations internationales comme l'OCDE. Aucun pays n'échappe aujourd'hui à la prise de conscience mondiale en faveur d'une action écologique. Ainsi, les sites contaminés sont en phase de recensement, et des travaux préliminaires ont été entrepris pour les nettoyer.

Des initiatives associatives pour pallier aux défauts de la prise en charge étatique.
Le gouvernement, et précisément le Ministère de l'Environnement, donne les grandes lignes pour l'amélioration de la gestion des déchets. Mais il manque une coordination réelle des initiatives régionales et locales. Comme en France, les autorités locales sont en charge de la gestion des déchets, mais la collecte et le traitement des déchets sont assurés par des entreprises privées (3). Le système privatisé actuel fonctionne plutôt bien, et les administrés peuvent choisir eux-mêmes entre plusieurs compagnies privées, ce qui assure une certaine concurrence (4). Néanmoins, les habitants des régions reculées de Nouvelle-Zélande, ou qui n'habitent pas en ville, ne sont pas automatiquement desservis. Certains font le déplacement eux-mêmes, à bord de leur pick-up, jusqu'à la décharge voisine, mais d'autres - de moins en moins nombreux heureusement - ne prennent pas cette peine.

De plus, les entreprises privées ne prennent pas en charge les gros déchets, comme les gravats, dont il faut se débarrasser soi-même. Malgré la sensibilisation médiatique et scolaire, il n'est pas rare de voir sur le bord des routes, outre les petits déchets (paquets de cigarettes, plastiques d'emballage...), de l'électroménager usagé, des ordinateurs ou des télévisions obsolètes. Ces appareils contiennent notamment du plomb et du mercure extrêmement nocifs pour l'environnement. Pour enrayer le phénomène, la Nouvelle-Zélande chapeautée par l'UNESCO a organisé en septembre 2007 la journée eDay. Au cours de cette journée, prévue dans onze grandes villes, les Néo-zélandais pouvaient venir déposer leur ancien matériel informatique et téléphones mobiles. La manifestation a été un grand succès, avec plus de 26 000 ordinateurs, écrans et imprimantes collectés et qui n'encombreront pas inutilement les décharges ou les bas-côtés des routes, sans compter tous les petits composants électroniques récupérés. La journée eDay sera reconduite cette année.

Il faut enfin mentionner la prise en compte politique très tardive du problème des déchets dangereux (5). Il existe deux types de déchets dangereux en Nouvelle-Zélande : les déchets matériels et les déchets intraitables. Les déchets matériels sont traités sur le sol néo-zélandais, mais faute de moyens, la Nouvelle-Zélande a signé depuis quelques années un accord avec la France pour le transfert et le traitement de ses déchets dits intraitables. Il reste malgré tout beaucoup à faire pour que tous les déchets dangereux soient effectivement traités dans le souci de préserver l'environnement.


(1) Le taux d'urbanisation était de 85% en 2004 (d'après un rapport de la mission économique en Nouvelle-Zélande).
(2) Chaque habitant produit environ 870 kg de déchets par an, soit un coût d'environ un milliard d'euros pour l'Etat. De plus, en vingt ans, la production de déchets de la seule ville d'Auckland a connu une augmentation de 130% (d'après le rapport de la ME).
(3) Dans la seconde moitié des années 80, de nombreux services publics ont été privatisés. Les gouvernements ont opté pour une réforme profonde du système, en raison de l'inefficience coûteuse des réseaux administratifs, trop lourds et tentaculaires (selon un rapport de l'OCDE).
(4) En France, c'est la municipalité qui conclut l'accord de sous-traitance avec une entreprise privée, lui garantissant le monopole sur la commune.
(5) Les déchets dangereux proviennent des usines, laboratoires, fermes... Un déchet dangereux présente par définition des risques de pollution aggravée pour l'environnement ou un danger quelconque pour l'homme (d'après un rapport de la Mission Economique en Nouvelle-Zélande).

Sources :
- La journée eDay sur le portail de l'UNESCO.
- Le rapport de l'OCDE évaluant les progrès futurs en matière d'environnement et les performances environnementales de la Nouvelle-Zélande (fichier PDF).
- Le rapport de la Mission Economique en Nouvelle-Zélande sur la gestion des déchets (fichier PDF)

Photographies : l'auteur de l'article.

mercredi, 05 mars 2008

Mr Whippy

Grâce aux films américains, nous connaissons tous le traditionnel camion du glacier qui parcourt les rues des suburbs des Etats-Unis. La Nouvelle-Zélande possède également sa propre tradition de vente de glaces dans les rues, avec le célèbre Mr Whippy. Les camions Mr Whippy sont rouges et blancs, et ils signalent leur présence par une petite mélodie reconnaissable entre toutes et qui se perçoit à des centaines de mètres. Comme dans les films, tous les enfants se précipitent alors vers Mr Whippy pour acheter leur glace à la vanille, au chocolat et à bien d'autres parfums originaux.
 
 
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 Pendant une fête de village, à Timaru, entre Christchurch et Dunedin.
 
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La marque Mr Whippy est anglaise d'origine. L'entreprise fut fondée en Grande-Bretagne en 1962, et exportée en Nouvelle-Zélande deux ans plus tard, en 1964. Depuis, elle constitue l'une des composantes de la culture "kiwiana". Les glaces de la marque sont principalement distribuées par camion réfrigéré, mais également dans la dizaine de magasins existant en Nouvelle-Zélande. Les camions réfrigérés peuvent quant à eux être loués par les particuliers, pour un anniversaire par exemple.

Sources :
- Le site officiel
- L'expérience personnelle de l'auteur.
 
Crédit photo : l'auteur.