lundi, 31 mars 2008

Le Clos Henri : une famille de vignerons français dans les terres du Malborough

A l'instar de leurs compatriotes australiens, les Néo-zélandais se sont lancés depuis quelques années dans l'aventure viticole. Aujourd'hui, nombreux sont les crus néo-zélandais reconnus à l'échelle internationale. Un petit nombre de Français a d'ailleurs investi dans cette industrie nouvelle, capitalisant sur les siècles d'expérience des vignerons de l'Hexagone. La famille Henri Bourgeois, spécialisée dans l'artisanat du vin depuis dix générations, est l'une des familles pionnières avec l'acquisition en l'an 2000 de quatre-vingt-dix-huit hectares de pâturages dans la région de Malborough, au nord-est de l'île du Sud, et plus précisément dans la vallée de Wairau. Les premières bouteilles du Clos Henri ont été produites en 2003, de cépages Sauvignon blanc et Pinot noir.

Limitée dans l'extension de son domaine français en Sancerre et Pouilly-Fumé (Vallée de la Loire), la famille Bourgeois a souhaité s'étendre dans une autre région viticole. Une recherche internationale qui s'est conclue en Nouvelle-Zélande, pays réputé pour son Sauvignon blanc. Dans la Wairau Valley, les premières vignes ont été plantées en 1973, suscitant alors l’intérêt des producteurs de raisins dans toute la Nouvelle-Zélande et dans le monde. Bien que les températures excèdent rarement les 30º C, la région de Marlborough est considérée comme la région la plus ensoleillée de Nouvelle-Zélande donnant lieu ainsi à une longue période de maturité, et apportant l’éclat caractéristique des fruits pour laquelle Marlborough est si célèbre.

En plus de son expérience dans la production de Sauvignon blanc et de Pinot noir en Vallée de la Loire, la famille Bourgeois a voulu privilégier les pratiques viticoles locales. De cette coopération sont nés le vignoble et le vin de Clos Henri, reflet du mariage entre l’expérience franco-néo-zélandaise.
La terre naturelle et non exploitée de Clos Henri a attiré l’attention et l’admiration de la famille Bourgeois. Ancienne ferme ovine, la terre était restée intouchée par de quelconques machines, fertilisants ou toute autre action de l’homme. Avec la ferme intention de garder le statut biologique de la terre, les Bourgeois entreprennent un long processus de développement de la terre avant les premières plantations de vigne en août 2001. Ils plantent alors des céréales riches en nutriments puis les fauchent, dans le but de combler les déficits en nutriments dont la vigne aurait besoin. En plantant seulement six hectares de vigne par an, le domaine Clos Henri mettra douze ans pour passer totalement du statut de ferme à celui de vignoble.

Pour l'anecdote, Sainte-Solange est le nom de l’église de Marlborough que la famille Bourgeois a transféré sur le vignoble pour en faire un caveau de vente et dégustation et un bureau. Depuis lors, Sainte-Solange est devenu le logo de Clos Henri et le cœur incontestable du domaine. Construite au début des années 20 en rimu, bois natif de la Nouvelle-Zélande, cette petite église de campagne du village de Ward, à environ 50 Km au Sud de Blenheim a été sécularisée et mise en vente en 2001 par ses paroissiens. Les Bourgeois ont nommé la chapelle "Sainte Solange" en référence à la sainte patronne du Berry et en mémoire à l’épouse d’Henri Bourgeois, Solange Bourgeois.